Photographies Anciennes

Comment restaurer des images anciennes en appliquant les techniques de retouches beauté:

 
Rescapée d’un temps que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaitre, cette photographie, datée de 1904, a non seulement subi les ravages du temps mais aussi celui du feu (ou plutôt de l’eau). C’est en effet à l’incendie de l’appartement de mon arrière-arrière grand-mère qu’elle a survécu, au prix d’un passage sous la lance des pompiers.
Je me retrouve donc avec une photographie cartonnée d’environ 30×40 et 2mm d’épaisseur, courbée dans les angles, avec des traces de coulures, des parties manquantes et le tout fortement jaunie.
Après l’avoir scannée en deux fois (je n’ai qu’un scanner A4 de moyenne qualité) et assemblée, je découvre l’ampleur des dégâts. Ceux liés non seulement au temps mais aussi à l’imperfection de la numérisation. Le tirage original étant très déformé, le résultat du scan présente des zones de flous ou plus claires qui demanderont du travail supplémentaire.
La femme:
 
C’est zoomé au moins à 300% que je commence à reconstituer la peau manquante de cette dame. Les outils correcteur localisé et tampon de duplication sont mes meilleurs alliés. Le nez sera la partie la plus compliquée. Pour l’écharpe, il faut ré-inventer une texture (heureusement peu complexe), la partie manquante étant très importante. Pour les habits, il faut s’armer de patience et reconstituer chacun des dizaines de petits points de quelques pixels à plusieurs dizaines manquants.
Ensuite, j’utiliserai la technique de « split fréquency » pour affiner le travail sur le visage. Je travaillerai aussi sur l’accentuation de la netteté de la gauche du visage.

L’homme:
 
Malgré l’apparent bon état du visage de l’homme, un travail de reconstitution sera nécessaire. En effet, la zone du front présente de nombreuses rayures couleur rouille. De plus, comme pour le visage de la femme, l’accentuation de la netteté avec un filtre passe haut en mode de fusion « lumière tamisée » permettra d’accentuer localement les zones floues via un masque de fusion.

Les vêtements sont moins complexes à corriger mais demanderont beaucoup de temps et de patience à coup de correcteur localisé alterné de tampon de duplication. J’ai aussi retravaillé les textures en jouant sur le contraste local.

L’arrière plan:
 
Reste maintenant à restaurer l’arrière plan, ce qui s’avère plutôt compliqué. En effet, après un travail de fourmi consistant encore une fois à utiliser les mêmes outils que pour les retouches précédentes, centimètre par centimètre, le résultat est décevant. La texture du mur a disparu laissant place à un amas de petits pâtés de nuances floues.
Je vais donc reconstituer une texture à partir d’une photographie de sable. Je la passe en niveau de gris et la copie sur un calque au sommet de la pile de mon projet. Le mode de fusion « incrustation » sera appliqué avec une opacité faible. Grâce à un masque de fusion, ce calque ne sera appliqué qu’au mur.

Le rendu final
C’est avec le plugin Nik Software Silver Efex que je fais la conversion en noir et blanc. J’aurais simplement pu utiliser un calque de réglage « balance des blancs », le jaune étant ici l’unique composante. Mais grâce à Silver Efex, je peux jouer sur les contrastes, le grain, le vignettage et ajouter un virage partiel. En effet, une conversion pure en niveau de gris était trop brutale. J’ai jugé bon de faire un virage partiel chaud afin de garder cette atmosphère de photographie ancienne.
J’aurais pu continuer encore des heures à améliorer chaque centimètre de cette photographie, mais j’y avais déjà suffisamment passé de temps. L’heure était venue d’aborder l’étape ultime: la renaissance sur papier. C’est avec ma Canon Pixma Pro 9500 Mark II et sur papier A3 Canson Infiny Baryta 310g/m² qu’elle allait se faire. Le rendu sur les photos ci-dessus et ci-dessous est un peu biaisé par la brillance du papier baryté qui reflète le petit coup de flash, même indirect, et rend les noirs un peu gris. Personnellement, le résultat était à la hauteur de mes attentes et largement au dessus de celles du petit fils de l’ancienne propriétaire, mon grand-père. Tout ceci m’a donné envie de renouveler l’expérience. Mais d’abord, je vais me mettre en quête d’un scanner digne de ce nom… à suivre!
 

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